Mesure du résidu vésical par scanner vésical portable (bladder scanner)

La rétention d’urine — l’impossibilité de vider sa vessie — survient surtout chez l’homme. Très douloureuse dans sa forme aiguë, elle constitue une urgence ; insidieuse dans sa forme chronique, elle peut abîmer la vessie et les reins si elle est négligée.

Sommaire — accédez directement à la partie qui vous intéresse :

Épidémiologie et causes

  • La rétention d’urine est un problème essentiellement masculin (9 hommes pour une femme). Elle concerne environ 3 % des hommes ayant des troubles urinaires modérés à sévères.
  • Parmi les facteurs favorisants : l’hyperplasie bénigne de la prostate (HBP), la prostatite (infection de la prostate), les troubles neurologiques de la vessie, les rétrécissements de l’urètre, certains médicaments et les suites d’une anesthésie.

Signes

  • Dans sa forme aiguë : une impossibilité totale et brutale d’uriner, accompagnée d’une forte douleur du bas-ventre. Elle peut survenir après s’être longtemps retenu (long trajet, repas copieux ou arrosé), lors d’une infection, d’une constipation, après une intervention ou la prise de certains médicaments.
  • Dans sa forme chronique : pas de douleur, mais un jet affaibli, une vessie qui se vide de moins en moins bien, des mictions très fréquentes, parfois des fuites « par trop-plein » (regorgement). Négligée, la rétention chronique peut distendre la vessie et, à un stade avancé, retentir sur les reins.

Diagnostic

  • Le diagnostic de rétention aiguë est habituellement évident : la vessie, pleine et tendue, est perçue à la palpation du bas-ventre, qui réveille l’envie douloureuse d’uriner.
  • La rétention chronique, plus insidieuse, est souvent découverte devant une masse du bas-ventre, des mictions par regorgement ou lors d’une échographie. La mesure du résidu vésical (par échographie ou scanner vésical portable) confirme le diagnostic.
  • Le bilan recherche la cause : troubles urinaires préexistants, médicaments, pathologie prostatique ou neurologique, conformément aux recommandations françaises [1].
Mesure du résidu vésical par scanner vésical portable
La mesure du résidu vésical par « bladder scanner », un examen simple et indolore.

Traitement : soulager d’abord, traiter la cause ensuite

  • La rétention aiguë impose un drainage de la vessie en urgence, qui soulage immédiatement : soit par une sonde urinaire passée par les voies naturelles, soit par un cathéter sus-pubien (petit tuyau placé sous anesthésie locale à travers la paroi du bas-ventre), préféré dans certaines situations (prostatite, traumatisme de l’urètre).
  • Un traitement médicamenteux (alpha-bloquant) est généralement débuté en cas d’adénome de la prostate : il augmente les chances de reprise des mictions au retrait de la sonde, réalisé après quelques jours [1].
  • La rétention chronique nécessite elle aussi un drainage adapté, parfois par auto-sondages que l’équipe apprend au patient.

Et après le drainage ?

L’épisode de rétention est souvent le signe qu’un traitement de la cause est nécessaire, le plus souvent celui de l’adénome de la prostate : traitement médicamenteux, chirurgical (HoLEP, résection) ou mini-invasif selon les cas — toutes les options sont détaillées dans notre article sur l’hyperplasie bénigne de la prostate et sont discutées avec vous en consultation.

Vivre avec une sonde en attendant le traitement

  • Avec une sonde ou un cathéter, il est recommandé de boire abondamment (au moins 1,5 litre par jour) et de manipuler les poches avec une hygiène rigoureuse.
  • La présence de germes dans les urines est habituelle avec une sonde : une analyse d’urine et un traitement antibiotique ne sont utiles qu’en cas de fièvre ou de douleurs.
  • De petits saignements peuvent survenir, surtout sous anticoagulants : la boisson abondante suffit le plus souvent à les faire céder.

Une équipe qui fait progresser les connaissances

La prise en charge de la rétention d’urine dans le service suit les recommandations du Comité des troubles mictionnels de l’homme de l’AFU, aux travaux duquel l’équipe participe [1, 2]. L’équipe a également étudié l’impact du mode de drainage (auto-sondages ou sonde à demeure) sur les suites de la chirurgie de l’adénome [3], et coordonne actuellement une étude randomisée nationale (étude CATHETERS) comparant la sonde à demeure aux auto-sondages chez les patients en attente d’une chirurgie endoscopique de la prostate : participer à cette étude peut vous être proposé lors de votre prise en charge. Retrouvez nos travaux sur la page Les publications de l’équipe et n’hésitez pas à prendre rendez-vous pour organiser la suite de votre prise en charge.

Références

  1. Management of acute urinary retention in men with benign prostatic hyperplasia: literature review and guidelines from the French Male LUTS Committee (CTMH) — The French Journal of Urology, 2025.
  2. Surgical and interventional management of bladder outlet obstruction related to benign prostatic hyperplasia: guidelines from the French Male LUTS Committee — The French Journal of Urology, 2025.
  3. Impact of clean intermittent self-catheterization and indwelling catheterization on perioperative outcomes in patients with urinary retention — The French Journal of Urology, 2025.

Cet article est inspiré des fiches d’information de l’Association Française d’Urologie, consultables sur Urofrance.org.